Voyage: Kenya et Uganda en moto


Salut ! Je m’appelle Thierry, j’habite Sherbrooke, mais je suis originaire de Sept-Îles, la belle ville Nord Côtière. Mes chums me trouvent fatiguant quand je plug ça, parce que je suis parti de là à 9 ans, mais je ne me gêne pas de le redire à chaque fois, parce que ça change ben des affaires!

Quand j’étais là-bas, toutes les fins de semaine d’hiver, mon père accrochait une sleigh derrière le ski-doo et on partait toute la famille à notre chalet accessible uniquement en ski-doo en hiver. On se retrouvait isolé, pas d’électricité, à jouer dehors entre deux montagnes devant un lac enseveli sous une quantité de neige épouvantable, la vraie vie. Quand tu as 4,5,6,7,8 ou 9 ans et que tes parents te trimballent pour faire un trip comme ça, toi dans ta tête tu es en train de vivre une aventure, et se feeling là j’en ai encore de besoin aujourd’hui grâce à eux (merci ben les parents!). 

Maintenant, je travaille comme pompier pour la ville de Sherbrooke et je travaille aussi comme arboriste-grimpeur pour une compagnie d’abattage et d’émondage d’arbres.

Je marchais sur la Wellington quand j’ai vu un cafe racer dans une boutique, c’est là que j’ai connu Jessika et l’Office. Un an plus tard, c’était ma moto qui passait l’hiver dans sa vitrine. L’Office c’est une belle boutique Sherbrookoise qui ne fait pas que vendre des beaux vêtements, elle réussit aussi à créer une petite communauté par ces nombreux événements. Chapeau comme dirait les vieux sages, c’est beau à voir!

Début décembre 2018, je suis parti avec Guillaume, un chum d’enfance et de job, direction Nairobi pour un trip de motos au Kenya et en Uganda. C’était mon deuxième voyage de moto, le premier était dans le sud-ouest Américain, alors je m’attendait à quelque chose de ben différent. Guillaume lui avait roulé le Vietnam et la Tanzanie en moto, il avait une expérience de route semblable à ce qu’on allait retrouver.

Ce voyage là pour nous c’était comme aller faire l’ascension d’une montagne pour un alpiniste, on était en mission. Une expédition en moto hors route à travers les villages, les montagnes, les girafes, les zèbres etc., c’était un peu ça le but.

Quand on a ben de l’argent, il est facile de trouver une moto presque partout sur le Globe mais, quand on veut voyager en pauvre, notre premier défi a été de nous trouver des bons bikes sans payer le même pris que Dan Bilzerian.

Quand on a eu réglé le dossier de location des motos, on devait se faire un petit planning pour le trajet et la durée du voyage. Il faut dire qu’en 2018, on a eu accès à un cellulaire qui nous a été ben utile pour le GPS et l’application Maps ME (pour ceux-qui ne connaissent pas c’est vraiment pratique et gratuit dollar.)


 Rendu à Nairobi on est allé chercher nos motos, la mienne n’était pas prête qu’on m’a dit : le gars avait perdu les clefs aah! Pas grave, on était en vacances! Le soir, tout semblait réglé car le gars est venu porter ma moto à l’hôtel, mais, la tink à gaz coulait pomal! Quand tu payes pas chère, faut que tu t’attendes à avoir des petits pépins, ça fait partie de l’aventure.

 Le lendemain midi, l’affaire était baseball ! Les motos étaient pactées, on était loader comme des mules, prêt à tout. On avait apporté des outils, trousse de premier soins, strap pour se remorquer, une tente, un brûleur et le fameux gerber, le gros kit! On a pris la route, j’avais une petite arrière-pensée pour ma tank car on avait 2000 km de off road devant nous, on espérait que les motos allaient tenir le coup!

 Deux semaines plus tard, ben des choses se sont passées : côté mécanique on a changé un sprocket, une chaîne, deux flats tire, nettoyé les carburateurs et filtres à air et changé une batterie. On a été chanceux, on a rencontré un bon garagiste sur notre chemin qui nous a bien fait ça pour pas cher.

 On a aussi compris que les autoroutes sont épouvantables et que les motos ne sont pas les bienvenues. On a donc choisi les routes secondaires et ce dès la première journée (meilleure façon de rester en un morceau).

 Il est 6 h30 et le cadran sonne, on a une grosse journée devant nous, c’est un peu comme la journée où un alpiniste se prépare à monter au sommet. Nous on se prépare à traverser la frontière de l’Uganda par Suam une douane peu fréquentée qui nous donne accès aux routes du mont Elgon. Sur le GPS, la route fait des minis switch back sans arrêt, ça veut dire que ça va monter, mais on ne se doutait pas à quel point! Ça part, mais je suis sur le flat, change le flat, arrive aux douanes. Les douanes sont pas terribles et les douaniers non plus. Guillaume fini finalement assis sur la chaise du douanier pendant que je lui indique les infos à écrire. Le pauvre douanier nous regarde, y’est dû pour la retraite.

Sept heures plus tard, on arrive à destination crevés, heureux, remplis d’adrénaline et on a soif. On vient de faire la plus belle journée du trip, on prend une bière et on se dit qu’on a eu notre buzz qu’il reste juste à revenir sans blessure à la maison, on a réussi.

 Deux jours plus tard, reposés, ont part tôt le matin, un nouveau minding en tête, sans savoir que la plus belle journée du trip ce n’était pas avant-hier, elle est devant nous, elle commence. Il est 10 h du matin quand on croise Karolis dans un carrefour giratoire à Mbale en Uganda. Le gars est en moto depuis un an, il est parti de Lituanie et se rend en Afrique du Sud c’est le premier gars en moto qu’on croise et c’est pas un peureux! On dîne ensemble, on prend une bière et il nous propose un plan : une route qui monte au sommet des monts Elgon, elle n’est pas sur notre GPS, une single track qui monte pendant 5 h de temps, il est là notre sommet, un vrai!

 On a une tente, de la bouffe, de l’eau, du gaz, ça part! On finit par arrivée à la fin de la route. Au sommet d’une montagne, un petit village, 50 personnes environ, y habitent. Ça fait longtemps qu’ils n’ont pas eu de visites et sont pas sorteux, Mzungu qu’ils nous appellent. C’est fête au village, on réussi même à se trouver un toit pour dormir. Cette nuit-là, on va la passer coucher sur le plancher de la petite école du village. On s’est levé à 5 h du matin pour voir le soleil se lever à travers les montagnes et ça c’était mon plus beau moment du voyage. J’ai sorti la canne de sirop d’érable qu’une cliente de Drummondville m’avait donné comme tip sur une job d’émondage et on l’a dégustée tout le monde ensemble, c’était encore fête au village. Après, on a dû partir un peu sur une gosse parce que la pluie arrivait et on n’aurait jamais réussi à quitter la montagne sur une route mouillée.

C’était un peu ça mon highlight, de voyage. Les gens rencontrés dans les deux pays ont été à la hauteur de leur réputation; souriant, heureux dans leur simplicité. Clairement une petite leçon à ramener à la maison. J’ai eu un méchant bon partner de voyage ( le meilleur négociateur que tu peux avoir).

 L’Afrique, c’est pas juste des Safaris, c’est possible d’y aller, sortir des trajets touristiques et voir le vrai monde et croyez-moi vous serez pas déçu. En plus, en prime, les animaux sont toujours au rendez-vous.

 Je sais pas si ce sont mes minis expéditions en ski-doo sur la Côte-Nord avec mon père quand j’étais jeune, qui m’ont donné l’envie quotidien d’aller à l’aventure, mais j’espère que cette envie-là va rester avec moi pour toujours.                    

                                                                                                 - Thierry Hamel